Racines de moutarde Chez Alex

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Cela faisait un moment que je n’étais pas allée Chez Alex, avec sa cuisine du Wen Zhou. J’ai déjà évoqué cette épatante cantine chinoise rue de Belleville, avec sa sympathique carte saisonnière.

En ce moment, on peut y découvrir de la « racine de moutarde marinée au vinaigre ». Je suppose que c’est le fameux zha cai. Ici, servi chaud, saupoudré de ce que je crois être du poivre noir. Un régal – fort inattendu – en entrée.

Je recommande vivement aussi leur soupe claire de raviolis aux crevettes tous frais et parfumés et non fourrés de viande de porc. La soupe est agrémentée de feuilles de laitue fraîches. (Désolée, la photo est moche, c’est dû à une affreuse lumière et à un smartphone inadéquat).

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Légumes défendus – 2 recettes à interdire

J’adore l’automne. Pour ses fruits. Pour ses légumes. Plus même que pour des fruits, je me ferais chasser du paradis rien que pour avoir le droit de goûter aux beaux légumes. D’ailleurs, ça fait bien longtemps que je ne suis plus au paradis. Mais bien sur cette terre – bénie et maudite soit-elle.

Belleville offre toute une variété de légumes intéressants, allant des courges étranges et haricots longs des étalages des magasins asiatiques, aux ignames et gombos des magasins destinés à la clientèle afro-caribéenne du quartier, en passant par les poivrons et courgettes de toutes formes et couleurs des magasins moyen-orientaux, ainsi que par l’excellent marché du boulevard de La Villette. Or c’est sur ce marché-là que j’ai passé une partie de ma matinée aujourd’hui. Les photos ci-dessus attestent de quelques merveilles que j’en ai ramenées.

Il y a trois ou quatre superbes stands de maraîchers sur ce marché. J’ai fait une erreur ce matin, c’est de jeter immédiatement le ticket de caisse du stand où j’ai principalement fait mes courses aujourd’hui: je ne peux pas vous en dire le nom. Tout ce que je peux vous dire que c’est un assez grand étalage, situé dans la rangée nord du marché, au milieu, qui attire immédiatement le regard car ses légumes ont plutôt l’air rustiques, sortis d’un jardin de grand-mère. Si vous voyez que les poireaux sont un peu biscornus et pleins de terre, ou apercevez un type grand, chauve, un peu rondouillet, parlant fort, faisant beaucoup de blagues, et une dame d’aspect nord-africain qui vous hèle, vous appelle ‘ma chérie’ (– innocemment, à l’ancienne — quand vous êtes une femme) et essaie de vous encourager à prendre de la salade et des fruits, vous êtes au bon endroit.

Voici deux recettes à bases de légumes du marché de ce matin, préparés avec amour et sensualité: Lire la suite

Maïsss-maïsss-maïsss

Très souvent, quand on débouche sur le carrefour de Belleville et se retrouve au milieu d’une foule épaisse et mouvante, on entend un « mâïsss-mâïsss-mâïsss » rapide et saccadé. Au début on se demande d’où ça vient, et puis – bon sang – qu’est-ce que ce mâisss?

Au bout de quelques secondes on découvre que ce sont des vendeurs ou vendeuses à la sauvette proposant au passant des épis de maïs grillés. Soit la vendeuse au bou-bou coloré (ou le vendeur) vous le sortent d’un sac plastique noir, déjà préparé, vous le pèle, le pose sur une serviette puis vous demande si vous voulez du sel. Soit ces épis jaunes – beau contraste avec le gris ambiant de ce mois de novembre –  sont grillés devant vous au-dessus de braises ardentes dans un tonneau posé sur un caddie de supermarché.

On sent que ces vendeurs à la sauvette sont à l’affût, guettant l’apparition à l’improviste du Flic, prêts à décamper illico-presto avec leur sac ou caddie au moindre signe d’arrivée d’un représentant de l’Ordre. Fuite devant la réclamation de papiers, permis, cotisations sociales, impôts, etc. On est là, en effet, devant un monde sous-terrain. C’est pour ça que je n’écris pas exactement où cela se passe, ni n’ai pris de photos des vendeurs. Cet après-midi j’ai préféré acheter un épi tout chaud à une de ces braves personnes. Il m’a coûté un modeste euro et je m’en suis régalée lors de ma promenade du dimanche aux Buttes-Chaumont.

Les amis, je suis de retour dans les quartier, en tout cas pour un certain temps, et espère donc pouvoir reprendre mes deux activités préférées: m’alimenter comme je l’aime vraiment, et alimenter ce blog.

I love Yu

Les enfants, à mon grand regret, je suis trop rarement chez moi, à Belleville, en ce moment.  Je passe plus de temps en déplacement dans différents coins du quart Nord Ouest de l’Europe que dans mon douillet chez moi bellevillois – et ma cuisine bien adorée me manque. Mais j’ai profité d’une petite semaine de répit à la maison pour renouer avec mes vielles habitudes: l’exploration culinaire de mon quartier compliqué, bigarré et fascinant.

Eh bien, chers lecteurs, si la faim vous prend mais le portefeuille vous dit « attention » en ce mois de facture fiscale ultra-salée,  il faut ABSOLUMENT aller manger Chez Yu.

Madame Yu, une femme à belle prestance, coiffée d’un élégant chignon, prépare elle-même, devant vous, flanquée d’une assistante et d’une jeune serveuse super-avenante – famille probablement –  dans un tout petit local, une  cuisine vietnamienne absolument délicieuse!

A part aux fameuses soupes Phô et aux sandwichs vietnamiens, on y a droit à d’excellentes salades et à de goûteuses préparations de viande. Nous avons essayé: une très belle et savoureuse salade de bœuf cru mariné à la citronnelle, une ultra-fraîche salade de tiges de lotus et crevettes (c’était craquant plein de saveurs citronnées), et une cassolette de porc mijotée dans une sauce caramel toute de profondeur en goût, et au fond de laquelle gisait un oeuf dur fondant qui a absorbé tous les parfums de ce joli plat.

Madame Yu sait qu’elle a du style. Sa carte de visite est à son effigie. Et la carte de fidélité du petit local vous rappelle clairement pourquoi vous revenez: « I love Yu » – ou plus précisément: sa cuisine.

Banh Mi – Chez Yu

40, rue de Belleville

75020 Paris

01 43 58 58 88

Tortilla à l’aubergine, aux noix, avec touche de menthe

2014-08-16 02.08.21Les aubergines ont été les stars de l’été – en tout cas chez moi, qui l’ai passé à essayer des recettes un peu ‘arabisantes’ (quartier oblige). Saviez-vous qu’historiquement, ce sont les Arabes qui on introduit les aubergines en Europe au Moyen Age, par le truchement des communautés juives méditerranéennes?

Parmi différentes recettes essayées, j’ai eu beaucoup de plaisir avec une toute simple tortilla – non pas aux pommes de terre, mais aux aubergines. L’astuce? Faire cuire des tranches d’aubergine sur une plaque chaude au four avant de préparer l’omelette, passer la tortilla au four quelques minutes à la fin, et insister sur la menthe comme herbe d’assaisonnement. Une tortilla à la fois nourrissante et légère (voire un brin rafraîchissante…).

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Redécouvrir les légumes farcis à la viande – en passant par le Moyen Orient

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A l’heure du burger omniprésent dans les assiettes et esprits parisiens, les légumes farcis semblent avoir été relégués au rang de vielles recettes un peu ringardes. Faut-il passer par le Moyen Orient pour se réconcilier avec la tomate farcie? En tout cas, selon moi, il faut se libérer de la chair à saucisse et du riz des plats franchouillards pour retrouver son plaisir. Il faut cultiver les herbes et autres viandes que le porc pour retrouver les joies du petit légume tout chaud fourré de viande. Lire la suite

Boules de chèvre frais aux épices orientales

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A court d’idées pour vos apéros d’été? En voici une! Il s’agit d’un petit en-cas improvisable en cinq minutes, et qui se marie bien avec les vins frais blancs ou rosés: des petites boulettes de fromage de chèvre frais roulées dans du sumac et du zaatar.

Ingrédients pour une quinzaine de boulettes:

1 beau fromage de chèvre frais

Une cuillerée à café de yaourt – de chèvre de préférence (optionnel)

Deux cuillerées à soupe de sumac

Deux cuillerées à soupe de za’atar

Préparation

Préparer deux assiettes, l’une saupoudrée de sumac, l’autre de za’atar. Ecraser avec une fourchette le fromage de chèvre dans un bol, y ajouter un peu de yaourt pour l’assouplir. Avec des mains toutes propres, former des petites boules. Puis rouler ces boules dans les épices. Disposer sur une assiette, planche, ce que vous voudrez. C’est prêt!

Le sumac est une magnifique épice de couleur lie-de-vin du Moyen-Orient au goût un peu astringent et plein de notes de cuir. Le za’atar, plus connu peut-être en France, est un mélange d’épices contenant du thym, du sumac, des graines de sésame. A Belleville, l’Endroit où on trouve ces épieces est l’Epicerie du Caire de la rue de Belleville, véritable caverne d’Alibaba de produits orientaux.

 

Pissaladière traditionnelle

2014-07-19 21.20.03En lisant un ouvrage de Marie-Pierre Moine datant des années 1990, acheté récemment dans une librairie d’occasion, j’ai eu envie de me remettre à certains bonnes vieilles recettes ‘d’antan’. Au moment où en France la mode semble être à la cuisine japonisante, aux burgers & cheesecakes, ou au traditionnel dit ‘revisité’, ça fait quand même du bien de s’immerger dans de bonnes vieilles recettes de Maman de temps en temps. La nouveauté c’est bien, mais savoir revoir ses bases et ses grands classiques, c’est encore mieux. Lire la suite

Chakchouka brunch

P1120647Envie d’un brunch fortifiant ou d’un déjeuner convivial, un peu rustique, et plein de couleurs estivales? Optez pour une chakchouka, et faites-en le point culminant d’un superbe repas sain, savoureux, et tout de Méditerranée.

La chakchouka est un plat originaire du Maghreb, aux orthographes, noms et variantes particulièrement nombreux. On retrouve cette recette un peu partout au Moyen Orient – apparemment – et notre première initiation à la chakchouka a eu lieu récemment à Tel-Aviv (Israël), où elle fait partie du répertoire classique des cafés.  J’en ai conclu que la chakchouka est un plat idéal pour le thème culinaire et humain de Belleville (Paris, France… voir ici aussi). Lire la suite