Pintade au cidre, champignons et topinambours

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Une telle recette peut être recyclée à des fins de réveillon. Pour moi c’est avant tout un superbe plat d’hiver, très élégant. La recette est adaptée de l’imbattable et mystérieuse Cécile Massieu.

Hélas, dans l’action de la préparation du mets et puis du repas pris entre amis, j’en ai oublié de prendre les photos pour ce blog. En guise de témoignage de ce somptueux plat, vous avez donc droit à la photo de la bouteille vide de cidre artisanal utilisé pour cette recette. Lire la suite

‘Tite tisane épicée de fin d’année

 

Bon, chers lecteurs, vous l’aurez peut-être remarqué, Noël et tutti quanti ce n’est pas trop mon truc, donc pour des recettes de réveillon, malheureusement, je vais vous décevoir: d’autres blogs vous satisferont mieux. Cependant, si vous voulez une petite aide à la digestion après tous ces excès, et avez envie d’épices, de couleurs venues d’ailleurs, ainsi que d’un peu de chaleur maintenant que le froid et la grisaille sont bien installés, je peux vous recommander une petite tisane faite maison, qui cadre parfaitement avec l’esprit des fêtes de fin d’année:

Tisane aux épices

Ingrédients pour 2 tasses

1/2 litre d’eau bouillante

2 belles tranches de gingembre (non pelé)

1/2 étoile de badiane

4 clous de girofle

2 gousses de cardamome

1 petit morceau de cannelle

Préparation: faire bouillir l’eau, faire infuser les épices 10 minutes (pas moins longtemps, mais pas plus longtemps non plus).

Inutile de préciser que toutes ces épices sont très faciles à trouver à Belleville….entre les supérettes chinoises, l’épicerie du Caire et les alimentations nord-africaines, on n’en manque pas.

La petite théière rouge en métal emaillé, si elle vous plaît (moi j’adore), vient de mon marchand marocain préféré de la rue du Faubourg du Temple. Son coût, €4.90 est des plus modestes.

Natures mortes de Belleville #8 – « Lèche-vitrine » de pâtisseries bellevilloises

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En ce dimanche après-midi pluvieux, sombre, gris, de début décembre, les vitrines des pâtisseries du quartier sont une des rares sources de lumière et de couleur. Photos de – parfois tout à fait étonnantes – créations prises avec mon smartphone sous un parapluie (excusez-donc leur qualité…).

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Olives qui font tourner la tête – rue Sainte Marthe

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On ne peut pas parler de Belleville sans parler de la rue Sainte Marthe, repaire de ex-hippies, se préparant à l’invasion hipster venue du Canal Saint Martin. Outre des ateliers d’artistes ou d’artisans, on y trouve, entre autres, des restaurants antillais, chilien, pseudo-brésilien, un vendeur de hot dogs, un caviste, un vendeur de jambons ibériques, et depuis très peu, une cantine indéfinissable au nom de Lula Shop vendant une toute petite quantité de produits définis avec les mots-clés à la mode du moment: « veggie », « sans gluten », « hipster » (au secours!).

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Les deux véritables points forts culinaires de cette charmante rue bordée d’anciennes façades de boutiques et ateliers en bois repeintes de couleurs vives, se trouvent cependant à ses deux extrémités. En haut, sur la place Sainte Marthe, se sont installés les deux chefs du Galopin. En bas, presque au croisement avec la rue Saint Maur, on trouve la boutique de Cédric Casanova, qui se définit comme « dégustateur, sélectionneur et créateur d’huiles d’olives extra-vierges » de Sicile. Sa boutique, un ancien atelier un peu sombre, propose des produits d’un naturel, d’un beauté et qualité sans pareils: herbes, fromages, conserves diverses. Casanova offre aussi des services de table d’hôtes dans un local quelques pas plus loin.

Ses huiles sont livrées à certains grands restaurants de la capitale. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ elles le méritent. J’ai ramené hier une huile de la variété d’olive cerasuola. Je n’ai pas non plus pu résister d’acheter un peu de verveine extrêmement odorante, et des feuilles de basilic séchées de Sicile très parfumées, très citronnées: une véritable merveille.

L’huile de la cerasuola est assez fruitée et poivrée. A mon avis, elle n’est pas destinée à un usage quotidien ou pour la cuisson.

Je l’ai utilisée aujourd’hui pour assaisonner une belle salade verte. Inutile d’en faire une vinaigrette: son parfum se suffit à lui-même. J’ai plutôt opté pour l’ajout d’un petit peu de fromage de chèvre plutôt bien fait, d’un peu de fleur de sel, et de quelques feuilles de basilic séchées de la même boutique.

 

Boutique de La tête dans les olives:

2, rue Sainte Marthe, Paris 10e.

Heures d’ouverture:  du mardi au vendredi de 14hà19h,  le samedi de 11h à 18h

 

 

 

 

Racines de moutarde Chez Alex

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Cela faisait un moment que je n’étais pas allée Chez Alex, avec sa cuisine du Wen Zhou. J’ai déjà évoqué cette épatante cantine chinoise rue de Belleville, avec sa sympathique carte saisonnière.

En ce moment, on peut y découvrir de la « racine de moutarde marinée au vinaigre ». Je suppose que c’est le fameux zha cai. Ici, servi chaud, saupoudré de ce que je crois être du poivre noir. Un régal – fort inattendu – en entrée.

Je recommande vivement aussi leur soupe claire de raviolis aux crevettes tous frais et parfumés et non fourrés de viande de porc. La soupe est agrémentée de feuilles de laitue fraîches. (Désolée, la photo est moche, c’est dû à une affreuse lumière et à un smartphone inadéquat).

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Légumes défendus – 2 recettes à interdire

J’adore l’automne. Pour ses fruits. Pour ses légumes. Plus même que pour des fruits, je me ferais chasser du paradis rien que pour avoir le droit de goûter aux beaux légumes. D’ailleurs, ça fait bien longtemps que je ne suis plus au paradis. Mais bien sur cette terre – bénie et maudite soit-elle.

Belleville offre toute une variété de légumes intéressants, allant des courges étranges et haricots longs des étalages des magasins asiatiques, aux ignames et gombos des magasins destinés à la clientèle afro-caribéenne du quartier, en passant par les poivrons et courgettes de toutes formes et couleurs des magasins moyen-orientaux, ainsi que par l’excellent marché du boulevard de La Villette. Or c’est sur ce marché-là que j’ai passé une partie de ma matinée aujourd’hui. Les photos ci-dessus attestent de quelques merveilles que j’en ai ramenées.

Il y a trois ou quatre superbes stands de maraîchers sur ce marché. J’ai fait une erreur ce matin, c’est de jeter immédiatement le ticket de caisse du stand où j’ai principalement fait mes courses aujourd’hui: je ne peux pas vous en dire le nom. Tout ce que je peux vous dire que c’est un assez grand étalage, situé dans la rangée nord du marché, au milieu, qui attire immédiatement le regard car ses légumes ont plutôt l’air rustiques, sortis d’un jardin de grand-mère. Si vous voyez que les poireaux sont un peu biscornus et pleins de terre, ou apercevez un type grand, chauve, un peu rondouillet, parlant fort, faisant beaucoup de blagues, et une dame d’aspect nord-africain qui vous hèle, vous appelle ‘ma chérie’ (– innocemment, à l’ancienne — quand vous êtes une femme) et essaie de vous encourager à prendre de la salade et des fruits, vous êtes au bon endroit.

Voici deux recettes à bases de légumes du marché de ce matin, préparés avec amour et sensualité: Lire la suite

Maïsss-maïsss-maïsss

Très souvent, quand on débouche sur le carrefour de Belleville et se retrouve au milieu d’une foule épaisse et mouvante, on entend un « mâïsss-mâïsss-mâïsss » rapide et saccadé. Au début on se demande d’où ça vient, et puis – bon sang – qu’est-ce que ce mâisss?

Au bout de quelques secondes on découvre que ce sont des vendeurs ou vendeuses à la sauvette proposant au passant des épis de maïs grillés. Soit la vendeuse au bou-bou coloré (ou le vendeur) vous le sortent d’un sac plastique noir, déjà préparé, vous le pèle, le pose sur une serviette puis vous demande si vous voulez du sel. Soit ces épis jaunes – beau contraste avec le gris ambiant de ce mois de novembre –  sont grillés devant vous au-dessus de braises ardentes dans un tonneau posé sur un caddie de supermarché.

On sent que ces vendeurs à la sauvette sont à l’affût, guettant l’apparition à l’improviste du Flic, prêts à décamper illico-presto avec leur sac ou caddie au moindre signe d’arrivée d’un représentant de l’Ordre. Fuite devant la réclamation de papiers, permis, cotisations sociales, impôts, etc. On est là, en effet, devant un monde sous-terrain. C’est pour ça que je n’écris pas exactement où cela se passe, ni n’ai pris de photos des vendeurs. Cet après-midi j’ai préféré acheter un épi tout chaud à une de ces braves personnes. Il m’a coûté un modeste euro et je m’en suis régalée lors de ma promenade du dimanche aux Buttes-Chaumont.

Les amis, je suis de retour dans les quartier, en tout cas pour un certain temps, et espère donc pouvoir reprendre mes deux activités préférées: m’alimenter comme je l’aime vraiment, et alimenter ce blog.

I love Yu

Les enfants, à mon grand regret, je suis trop rarement chez moi, à Belleville, en ce moment.  Je passe plus de temps en déplacement dans différents coins du quart Nord Ouest de l’Europe que dans mon douillet chez moi bellevillois – et ma cuisine bien adorée me manque. Mais j’ai profité d’une petite semaine de répit à la maison pour renouer avec mes vielles habitudes: l’exploration culinaire de mon quartier compliqué, bigarré et fascinant.

Eh bien, chers lecteurs, si la faim vous prend mais le portefeuille vous dit « attention » en ce mois de facture fiscale ultra-salée,  il faut ABSOLUMENT aller manger Chez Yu.

Madame Yu, une femme à belle prestance, coiffée d’un élégant chignon, prépare elle-même, devant vous, flanquée d’une assistante et d’une jeune serveuse super-avenante – famille probablement –  dans un tout petit local, une  cuisine vietnamienne absolument délicieuse!

A part aux fameuses soupes Phô et aux sandwichs vietnamiens, on y a droit à d’excellentes salades et à de goûteuses préparations de viande. Nous avons essayé: une très belle et savoureuse salade de bœuf cru mariné à la citronnelle, une ultra-fraîche salade de tiges de lotus et crevettes (c’était craquant plein de saveurs citronnées), et une cassolette de porc mijotée dans une sauce caramel toute de profondeur en goût, et au fond de laquelle gisait un oeuf dur fondant qui a absorbé tous les parfums de ce joli plat.

Madame Yu sait qu’elle a du style. Sa carte de visite est à son effigie. Et la carte de fidélité du petit local vous rappelle clairement pourquoi vous revenez: « I love Yu » – ou plus précisément: sa cuisine.

Banh Mi – Chez Yu

40, rue de Belleville

75020 Paris

01 43 58 58 88