Œufs salés, cacahuètes épicées

Street food, food acheté dans la street, littéralement.

Les week-ends et jours de grande affluence dans les supérettes et épiceries asiatiques de Belleville, on voit s’aligner sur les trottoirs des vendeurs à la sauvette, hommes & femmes chinois, offrant aux passants dans des seaux ou sacs en plastique divers produits préparés à la maison, à prix modiques, au noir. Parfois, les flics font le ménage et les chassent (mais pourquoi s’en prendre à ces pauvres bougres?). Mais il reviennent toujours.

Parmi les produits mis en vente: bouquets de ciboulette chinoise ou de liseron d’eau, œufs salés, cacahuètes aux cinq épices, pattes de poulet, riz gluant préparé dans des feuilles de banane…. Parfois, aussi, dans un seau d’eau, une anguille vivante (attrapée je ne sais où).

Lors de mes dernières courses, je n’ai pas pu résister, et j’ai acheté à une petite dame quelques oeuf salés, et des cacahuètes aux cinq épices ou parfums.

Si vous ne pouvez pas vous déplacer jusqu’à Belleville pour trouver ces produits, ces deux dernières spécialités sont en fait très faciles à préparer:

 

Bonne année 2016

P1130712

 

Sur Menu Belleville, vous n’avez pas trouvé de recettes ou billets spéciaux pour Noël, et « les fêtes ». Vous n’en trouverez point. Culinairement, je trouve cette période peu intéressante. Ou disons-le autrement: je n’ai rien à apporter à la discussion culinaire. D’autres le font mieux que moi.  De plus, à Belleville, Nöel et le Nouvel An ne sont que des fêtes parmi d’autres – le Ramadan, et le Nouvel An chinois étant particulièrement présents durant d’autres périodes de l’année.

 

Cependant, une nouvelle année s’ouvre. Pour marquer le coup, voici une modeste offrande (ci-dessus) – petit cadeau que m’a fait mon maraîcher préféré, le stand de la Ferme des Coteaux sur le marché du boulevard de la Villette: une petite courge décorative, en forme d’étoile ou de soleil, au jaune profond et rayonnant. Déco de saison accompagnant bien toutes nos réunions du moment, de Noël aux Rois Mages.

 

Tous mes vœux pour un 2016 sous le signe de la bonne étoile – et du bonheur dans l’assiette!

La Cave de Belleville

Certes, son ouverture il y a environ un an est le reflet de la gentrification croissante du quartier que beaucoup déplorent. Mais le bourgeois-bohème parisien, espèce qui se répand rapidement par ici, sait ce qui est bon. Et il ne s’en prive pas – c’est d’ailleurs pour cela qu’il est détesté, car au fond il est envié. Bienvenue donc à la Cave de Belleville.

 

La Cave de Belleville, est un endroit convivial: bar ou taverne à vin et tapas, épicerie fine, fromager, caviste. Tout en un. On aime tout particulièrement l’espace de ce lieu: ouvert, lumineux, rien d’étriqué (chose rare à Paris, où l’espace manque, mais les aménagements n’aident pas). Beaucoup de bois – issu du temps où le lieu était un atelier de cuir. Produits ‘du terroir’. Accueil aimable, service intelligent et efficace, sans chichis.

 

Leur spécialité c’est la burrata: qu’on peut partager à plusieurs autour d’un verre de vin en apéritif. Mais on peut se faire servir des sardines espagnoles, des fromages du terroir, avec un pain excellent…. Des huîtres le samedi.

 

Endroit parfait pour un dîner léger, un apéro, seul, à deux, ou à dix. Budget tout à fait abordable.

 

Rien à dire, quoi.

 

La Cave de Belleville

51, rue de Belleville

75019 Paris

 

 

Rhum arrangé façon Med

 

Voici le rhum arrangé du légendaire café Aux Folies rue de Belleville.

 

On n’a pas besoin de vous présenter ce lieu culte du quartier, haut lieu du boire-ensemble. Lors d’un récent apéro pris au comptoir, j’ai été frappée par la nature peu – euh, catholique, orthodoxe, halal, ce que vous voulez – de leur « rhum arrangé » présenté dans un magnifique bocal trônant fièrement au-dessus de nos têtes.

 

En général on associe à l’idée de ‘rhum arrangé’ quelque chose de profondément tropical, avec fruits exotiques et sucres roux, à quelque chose de bien lointain des climats secs et arides de la méditerrannée judéo-chrétiennne-musulmane. Mais là, les ingrédients macérant dans ce rhum sont clairement méditerranéens, et l’ensemble présente une touche orientale, nord-africaine…: figue sèche, cannelle, caroube!

 

Le rhum choisi par les patrons du bar est basique- bas prix obligent – mais leur préparation très originale est l’incarnation profonde de ce qu’est ce quartier, un vrai melting pot de toutes ces cultures avec laquelle la France s’est frottée depuis des siècles et qui se retrouvent toutes concentrées autour du bruyant carrefour où se croisent quatre arrondissements de Paris.

 

Et chin!

Revenir

P1130680

Le mois de novembre a été un rare mois où j’étais très présente à Paris et dans le quartier, et non pas par monts et par vaux en Europe comme si souvent. J’étais pleine d’espoir d’enfin avoir le temps de vous surcharger de billets sur la cuisine simple, variée, bigarrée, vivante du quartier. Et puis voilà que Vendredi Treize arriva.

Mais au final, la vie se doit de prendre le dessus. Et ma devise est celle des anonymes qui ont collé l’affiche ci-dessus le 14 novembre sur la vitrine du Carillon. Bon ap’ et chin chin!

 

Phô 168

DSC_0140Il y a eu du mouvement, du renouvellement, dans les cantines asiatiques près de la sortie du métro Belleville, côté Sud. Il y a déjà plusieurs mois une gargote chinoise toujours vide située au bout de la rue Louis Bonnet, a fait place à une nouvelle cantine asiatique, Phô 168.

Il ne faut pas être rebutté par la signalétique lumineuse violette et la décoration intérieure froide (peinture noires, beaucoup de miroirs): c’est un lieu qui sent bon dès qu’on y entre. Et les soupes sont aussi très parfumées. Il y a une touche plus authentique, personnelle que dans de nombreuses autres cantines vietnamiennes du coin.

Mon critère de qualité d’un Vietnamien dans le quartier, c’est le goût de sa soupe satay ou saté – vous savez ce mélange cacahuètes-piment-ail. Dans ma hiérarchie gustative informelle, celle de Pho 168 se situe juste au milieu, entre les hauteurs (physiques et gastronomiques) de la soupe de Madame Yu rue de Belleville et Dong Huong cantine sise plus bas, dans la rue Louis Bonnet, et à la soupe satay plus basique (mais bonne quand même).

Phô 168

79, boulevard de Bellevillle

75011 Paris

Best Tofu – ‘best’ pour de vrai

 

 

Cela faisait un petit moment que je voulais y aller. Ce petit lieu grouillant de monde à midi et le samedi, paradis des Chinois du quartier, familles avec enfants, hommes taciturnes et solitaires, péripatéticiennes usées du boulevard de la Villette. Un lieu où s’aventurent aussi quelques Blancs, Blacks et Beurs. Best Tofu. Ouverte il y a environ un an et demi, cette cantine asiatique originale cartonne.

 

Le lieu, sis à l’angle boulevard de la Villette et de la rue Civiale,  porte bien son nom. Sa spécialité : la soupe de tofu, sucrée ou salée. Une jeune étudiante chinoise avec qui j’ai partagé une minuscule table récemment à l’heure de pointe de la pause déjeuner, m’a expliqué que la soupe salée venait du nord de la Chine et que la soupe sucrée est plus communément consommée dans le sud. Peut-être qu’un lecteur ou une lectrice avisé(e) me le confirmeront. Végétariens soyez prévenus : la soupe salée contient un tout petit peu de viande et des mini-crevettes. Ça donne du goût, mais ce sont des protéines animales….

 

On accompagne cette soupe d’un beignet, ou d’une galette aux légumes, ou bien d’une brioche bien remplie. Ces accompagnements sont faits maison, et franchement savoureux et toujours frais. Les gens y mangent aussi une spécialité de riz frit tout à fait excellente (voir photos), y achètent du tofu soyeux à emporter, et d’autres préparations à base de tofu pour garnir leurs propres plats. Sans parler du lait de soja – sur place ou à emporter – dont tout le monde se régale. Tout est à des prix défiant toute concurrence.

 

Bref, un endroit où désormais je vais prendre mes habitudes et que je recommande vivement à mes voisins du quartier.

 

Best Tofu

9 boulevard de La Villette

75010 Paris

 

 

Aubergines grillées – simplissimes et légères

P1130546L’aubergine n’est pas facile à préparer. C’est un de mes légumes préférés pourtant. Mais j’ai mis des années à le dompter (et j’y travaille encore). Il est malheureusement souvent servi trempé d’huile et de graisse – que sa chair absorbe comme une éponge si on n’y prend garde, rendant le légume difficile à digérer.

Belleville, Paris, c’est aubergine-land. Lire la suite