Poulet rôti aux feuilles de combava et astuces pour recettes dérivées

Les festivités du Nouvel An chinois et du Têt vietnamien sont en train de prendre fin. Pour ma part, j’ai fêté l’occasion à ma manière: en préparant un poulet rôti un peu ‘à la façon vietnamienne’ samedi dernier quand les défilés battaient leur plein à Paris et à Belleville et me suis nourrie de soupes et de préparation de riz tout au long de la semaine dernière, retravaillant les restes du bel oiseau et jouant sur des goûts et ingrédients sud-est asiatiques. Je n’ai jamais été au Vietnam, et cela me rend donc l’accès à cette cuisine un peu plus difficile. Mais à force de visiter les cantines vietnamiennes et les supérettes du quartier et de me documenter, je me suis lancée. Lire la suite

Natures mortes de Belleville #10 – Kaki séché

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C’est la saison du nouvel an chinois, et donc des petits cadeaux. Dans les supérettes chinoises du quartier, les paquets prêts-à-offrir contenant des fruits et plantes séchés et/ou confits abondent. Personnellement je n’ai pas pu résister à l’achat de kakis séchés lors d’une de mes récentes visites au nouveau et clinquant Chen Market (direct à la sortie du métro Belleville): je suis tombée sous le charme de la beauté de ce fruit, et de son emballage kitsch mais finalement très attachant….

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J’ai trouvé le goût de ce fruit-là un peu fade, à vrai dire. C’est certainement aussi un peu une question de qualité, je ne pense pas avoir acheté la gamme la plus élevée de ce produit, mais en même temps, les kakis frais que j’ai pu goûter n’étaient pas non plus particulièrement puissants en goût…. Mais c’est nourrissant, fortifiant, et, coupé en petits morceaux, ce joli kaki séché se consomme facilement dans un bol de céréales on un yaourt (je sais, ce mode de consommation n’est pas asiatique. Tant pis:)).

 

Pour en savoir plus sur le kaki séché, qui se pratique en Chine, au Japon et en Corée, voir le superbe reportage du site internet Le manger.

Je suis merguez

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Bon, chers lecteurs, ici à Belleville, « Chrétiens », « Juifs » et « Musulmans » mangent tous des merguez. Née dans le contexte colonial du 19e-20e siècle en Afrique du Nord, la merguez est encore un de ces exemples de métissage-dans-les faits des pratiques humaines qu’aucune idéologie, aussi profondément stupide et meurtrière soit-elle, ne saurait arrêter. Un peu d’histoire ici.

 

Aujourd’hui, ô impure que je suis, j’ai mangé à la fois cacher, halal et selon les réglementations de bien-être des animaux de l’Union Européenne.   Les merguez sont faites à base de viande de mouton ou d’agneau et/ou de viande de bœuf et de veau, et fortement épicées. Ce qui les distingue de la saucisse européenne, c’est l’absence de viande de porc – pour moi, ça, c’est un plus.

 

Ce matin, nous avons fait le tour des boucheries du quartier et dégusté les merguez respectives de Chez Jojo, rue Bonnet, de la boucherie Djurdjura et de la boucherie Chez Jacques, rue du Faubourg du Temple.  Ce fut un brunch ‘destroy’, soit, mais après notre soirée bien arrosée d’hier, fort réconfortant!

 

Ah, alors, quelles sont les meilleures merguez du quartier?  Les trois variétés de ‘merguez maison’ que nous avons goûtées avaient leurs avantages: le côté piquant de la merguez de chez Djurdura est plaisant pour ceux qui aiment ça, la merguez de Chez Jacques est très goûteuse. Personnellement, j’ai préféré la merguez de Chez Jojo: fine dans sa texture, et épicée au fenouil ou à l’anis vert.    

 

Boucherie Jojo

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Boucherie Jacques Scarron:

68, rue de Faubourg du Temple, Paris 11e.

 

Boucherie Djurdjura:

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Café très « hipster »

La Brûlerie de Belleville, torréfacteur de café installé rue Pradier depuis 2013, a ouvert il y a moins de deux mois un petit café rue de Belleville, Cream.

 

Le petit café ‘express’ bien français,  boisson privilégiée des désargentés, des musulmans et des Chinois joueurs des PMU, figures emblématiques du quartier, est omniprésent à Belleville. Mais le gourmet à la recherche d’un bon café ne trouvera pas nécessairement satisfaction dans les troquets traditionnels – tous ces petits cafés amers et acides ont en effet de quoi vous trouer l’estomac.  La Brûlerie de Paris quant à elle s’est donnée pour mission de répondre à une nouvelle demande générale de café de qualité supérieure à Paris, et à Belleville.

 

La clientèle cible de Cream est clairement le nouveau « hipster » qui commence à envahir le quartier (excellente parodie de ce phénomène ici ): Lire la suite

Pintade au cidre, champignons et topinambours

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Une telle recette peut être recyclée à des fins de réveillon. Pour moi c’est avant tout un superbe plat d’hiver, très élégant. La recette est adaptée de l’imbattable et mystérieuse Cécile Massieu.

Hélas, dans l’action de la préparation du mets et puis du repas pris entre amis, j’en ai oublié de prendre les photos pour ce blog. En guise de témoignage de ce somptueux plat, vous avez donc droit à la photo de la bouteille vide de cidre artisanal utilisé pour cette recette. Lire la suite

‘Tite tisane épicée de fin d’année

 

Bon, chers lecteurs, vous l’aurez peut-être remarqué, Noël et tutti quanti ce n’est pas trop mon truc, donc pour des recettes de réveillon, malheureusement, je vais vous décevoir: d’autres blogs vous satisferont mieux. Cependant, si vous voulez une petite aide à la digestion après tous ces excès, et avez envie d’épices, de couleurs venues d’ailleurs, ainsi que d’un peu de chaleur maintenant que le froid et la grisaille sont bien installés, je peux vous recommander une petite tisane faite maison, qui cadre parfaitement avec l’esprit des fêtes de fin d’année:

Tisane aux épices

Ingrédients pour 2 tasses

1/2 litre d’eau bouillante

2 belles tranches de gingembre (non pelé)

1/2 étoile de badiane

4 clous de girofle

2 gousses de cardamome

1 petit morceau de cannelle

Préparation: faire bouillir l’eau, faire infuser les épices 10 minutes (pas moins longtemps, mais pas plus longtemps non plus).

Inutile de préciser que toutes ces épices sont très faciles à trouver à Belleville….entre les supérettes chinoises, l’épicerie du Caire et les alimentations nord-africaines, on n’en manque pas.

La petite théière rouge en métal emaillé, si elle vous plaît (moi j’adore), vient de mon marchand marocain préféré de la rue du Faubourg du Temple. Son coût, €4.90 est des plus modestes.

Natures mortes de Belleville #8 – « Lèche-vitrine » de pâtisseries bellevilloises

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En ce dimanche après-midi pluvieux, sombre, gris, de début décembre, les vitrines des pâtisseries du quartier sont une des rares sources de lumière et de couleur. Photos de – parfois tout à fait étonnantes – créations prises avec mon smartphone sous un parapluie (excusez-donc leur qualité…).

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Olives qui font tourner la tête – rue Sainte Marthe

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On ne peut pas parler de Belleville sans parler de la rue Sainte Marthe, repaire de ex-hippies, se préparant à l’invasion hipster venue du Canal Saint Martin. Outre des ateliers d’artistes ou d’artisans, on y trouve, entre autres, des restaurants antillais, chilien, pseudo-brésilien, un vendeur de hot dogs, un caviste, un vendeur de jambons ibériques, et depuis très peu, une cantine indéfinissable au nom de Lula Shop vendant une toute petite quantité de produits définis avec les mots-clés à la mode du moment: « veggie », « sans gluten », « hipster » (au secours!).

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Les deux véritables points forts culinaires de cette charmante rue bordée d’anciennes façades de boutiques et ateliers en bois repeintes de couleurs vives, se trouvent cependant à ses deux extrémités. En haut, sur la place Sainte Marthe, se sont installés les deux chefs du Galopin. En bas, presque au croisement avec la rue Saint Maur, on trouve la boutique de Cédric Casanova, qui se définit comme « dégustateur, sélectionneur et créateur d’huiles d’olives extra-vierges » de Sicile. Sa boutique, un ancien atelier un peu sombre, propose des produits d’un naturel, d’un beauté et qualité sans pareils: herbes, fromages, conserves diverses. Casanova offre aussi des services de table d’hôtes dans un local quelques pas plus loin.

Ses huiles sont livrées à certains grands restaurants de la capitale. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ elles le méritent. J’ai ramené hier une huile de la variété d’olive cerasuola. Je n’ai pas non plus pu résister d’acheter un peu de verveine extrêmement odorante, et des feuilles de basilic séchées de Sicile très parfumées, très citronnées: une véritable merveille.

L’huile de la cerasuola est assez fruitée et poivrée. A mon avis, elle n’est pas destinée à un usage quotidien ou pour la cuisson.

Je l’ai utilisée aujourd’hui pour assaisonner une belle salade verte. Inutile d’en faire une vinaigrette: son parfum se suffit à lui-même. J’ai plutôt opté pour l’ajout d’un petit peu de fromage de chèvre plutôt bien fait, d’un peu de fleur de sel, et de quelques feuilles de basilic séchées de la même boutique.

 

Boutique de La tête dans les olives:

2, rue Sainte Marthe, Paris 10e.

Heures d’ouverture:  du mardi au vendredi de 14hà19h,  le samedi de 11h à 18h